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 Entretien avec un vampire... [pv Kureha]

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Shiryû Tatsumi
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MessageSujet: Entretien avec un vampire... [pv Kureha]   Dim 10 Fév - 16:04






J’avais sombré…
Lentement… très lentement…
Ma vue s’était brouillée… devenant de plus en plus floue, tandis que la forêt qui m’entourait disparaissait autour de moi…
Le vide… le néant…
J’espérais que… que ce serait suffisant pour l’empêcher de sortir…
Et je savais que ce le serait… je le connaissais si bien à présent…
D’ailleurs, ses cris me faisaient clairement comprendre que j’avais raison…


~ Nooooooooooon ! Sale Connard ! ~
~ … va te faire foutre, putain de démon… ~
~ T’as peut-être gagné cette fois, mais à notre réveil, on verra ça… ~
~ Rien à foutre, en attendant je t’ai eu enfoiré… ~
~ Profites-en, ça n’arrivera plus… ~
~ Laisse-moi dormir maintenant… ~



Oui, dormir…
J’étais trop faible pour faire quoi que ce soit d’autre…
Un long sommeil…
Ainsi, cette jeune fille aurait tout le temps de s’enfuir… de partir loin de ce corps maudit…
Elle irait se mettre à l’abri… quelque part, où elle serait en sécurité… avec d’autres humains…

Moi, je me réveillerais sûrement en pleine forêt, baignant dans mon propre sang…
Ou alors, avec un peu de chance, je serais quelque part, j’aurais été transporté par quelqu’un du clan Rokudo, et ils me soigneraient…
Mais…
Si jamais j’avais réellement de la chance, alors je dormirais éternellement…
Oui, les gens appellent ça la mort…
D’ailleurs, je me demandais si j’allais mourir…
Je veux dire, tout paraissait corroborer la même idée, j’étais incapable de mourir…
Mais là, je me vidais complètement de mon sang, alors… est-ce que je pouvais en mourir ?


Je…
J’aurais vraiment aimé ça…
Mourir ainsi…
Vous savez, j’estimais ne pas avoir le droit de vivre… mais… j’étais trop lâche pour tenter de mettre fin à mes jours moi-même…
Se mettre définitivement au placard…
Se faire ça soi même…
Cesser à tout jamais de respirer…
Alors, j’aurais vraiment apprécié de… de mourir là…
C’était une jolie façon de partir…
Je m’endormais… j’étais… trop faible… et je… m’endormais…
Pas de douleur, pas de souffrance, ni de peine…
Je débarrassais le monde de la monstruosité que j’étais et… je cessais cette vie insensée…
Enfin, si je peux me permettre d’utiliser le mot vie pour ma misérable existence…

Vous savez… toutes ces questions, elles me trottaient régulièrement dans la tête quand je devais abattre quelqu’un… et je tentais toujours d’en faire abstraction…
C’était si troublant…
Tuer quelqu’un…
Par votre faute, une personne mourrait…
Bien sûr, dit comme cela, ça n’impliquait rien…
Mais…
Cette personne avait une famille, des amis… des gens qui l’aiment et qui allaient le pleurer…
Vous vous dites que par votre main, une personne ne respirera plus…
Elle ne parlera plus… ne sourira plus…
Vous prenez le dernier souffle de quelqu’un…
Une personne qui avait des rêves… des envies…
Quelqu’un qui avait vécu une vie jusque là… qui avait créé des choses, tissé des liens…
Et vous… vous qui ignorez tout de son existence… vous la lui enlevez… comme si vous jouiez à être Dieu…

C’est très troublant de se dire qu’il y a des millions d’existences, toutes différentes sur cette planète…
Que chacun a son vécu, son ressenti, son histoire…
Mais égoïstement, seules quelques-unes nous intéressent…
Et pour les autres…
Les autres sont appelés « lui » ou « elle »…
Qui peut deviner les existences des autres juste en les observant… ?
Personne ne sait faire ça…
Et bizarrement, les gens s’en fichent… chacun pense son existence unique et… ne peut imaginer comment fonctionnent les autres…
Le monde est ainsi fait…

Drôles de questionnements pour un tueur de sang froid, n’est-ce pas ?
Mais… je n’aimais pas tuer…
C’était… ma mission… mon devoir presque…
Enfin non…
Je ne le faisais pas parce que je le devais…
J’en avais envie…
Je tuais des gens… parce que je croyais en la rédemption… et j’étais prêt à sacrifier des vies pour sauver la mienne…

Je n’ai pas dit que je n’étais pas égoïste…
Mais au fond… qui ne l’est pas ?
En amour… en amitié…
On fait les choses pour les autres mais… ça revient à les faire pour nous-mêmes…
Tout le monde est égoïste… c’est dans la nature humaine…

Alors oui, j’étais un monstre, qui n’hésitait pas à tuer pour son propre bénéfice…
Au moins je l’admets, c’est déjà un bon point…
Enfin, si un tueur peut marquer de bons points…
Bref…
Reprenons cette histoire où elle en était…
Avant mon réveil….
Parce que oui… je me suis réveillé…
Malheureusement pour tout le monde… moi, comme les autres…
Mais mon sommeil me sembla anormalement long…
Plusieurs jours certainement…
Moi qui n’étais plus habitué à dormir, c’était trop long pour moi là…

J’ouvris donc péniblement les yeux, de retour dans le monde des vivants…
Je m’acclimatais péniblement à la lumière ambiante, ainsi qu’à l’atmosphère, et au bruit qui se dégageait au dehors…
En quelques secondes, mes sens étaient réglés… certainement pas au maximum de leur potentiel, mais en éveil tout de même…
C’est avec plaisir que je respirais l’air, à nouveau « en vie »… si je puis dire…

Rapidement, je scrutais l’environnement qui m’entourait, pour tenter de comprendre où je me trouvais…
C’était… une tente… ?!
Apparemment oui…
… je n’étais pas attaché…
Et… je portais ma main droite à ma blessure, alors couverte de bandages…
Waoh !
Je ne sais pas qui a pris soin de moi mais… cette personne a fait ça bien…
Soit c’était quelqu’un du clan, soit… quelqu’un de peut-être fou… ou de trop généreux…
Une personne qui avait dû me trouver, gisant au milieu du sentier… dans un sale état…

Le bruit à l’extérieur me faisait comprendre qu’il y avait des humains…
Tout près, ils devaient être à une dizaine de mètres tout au plus…
J’allais devoir me maîtriser, mais…
Oui, j’avais passé plusieurs jours sans la moindre goutte de sang, je risquais de… de perdre la tête et… ce fou prendrait le dessus…

Non… Non !
Je ne devais pas le laisser prendre le contrôle, je devais rester calme…
D’ailleurs, le démon ne s’était pas encore manifesté…
Dormait-il encore lui ?
Vu son caractère de cinglé, ça m’étonnerait pas qu’il soit capable de dormir alors que notre corps était de nouveau d’aplomb…
Tant mieux… qu’il e se réveille jamais…
S’il tentait de prendre le dessus sur moi… il gagnerait… parce que… nous avions faim…
On avait un besoin urgent de sang…
Et ce fou massacrerait tout… hommes… femmes… enfants…


Restons rationnels…
Comment faire pour se sortir de ce mauvais pas… ?
Je me redressais dans ma couchette, me retrouvant à demi assis, appuyé sur un oreiller des plus moelleux, qui était incroyablement confortable…
A nouveau, je regardais furtivement autour de moi, de façon à trouver une idée…
N’importe quoi aurait fait l’affaire…
Mais je ne trouvais absolument rien…
Je commençais sérieusement à perdre espoir, mais…
C’est alors que mon sauveur arriva…
Un coin de la tente se souleva… un coin duquel ne provenait aucun son…
Ce type devait agir en solo…
Le tissu se souleva donc, et je pus apercevoir deux magnifiques jambes… féminines, à n’en pas douter, avant que tout un corps, aussi magnifique, n’entre en douce dans le petit refuge…
Mon regard se posa sur la demoiselle avec incrédulité, tandis que mes yeux faisaient rapidement le tour de sa personne…
Cette tenue sexy, ces courts cheveux foncés, ces deux grands yeux noisette, et ce joli minois qui m’évoquait toujours le museau d’un petit écureuil…
Pas de doute…
Kiyoh…
Et pour me le confirmer, elle portait dans sa main une grosse poche de sang…
Elle s’approcha de moi lentement, et posa la main sur ma blessure…



« - Hey toi ! ... Oulà… la méchante blessure… t’es fou comme mec, tu le sais ça ? »


Evidemment, elle avait fait l’erreur d’amener son joli corps trop près de « nous », et il n’en fallut pas plus pour que cet enfoiré de monstre se réveille…
Faut dire que cette fille, c’était de la provocation naturelle…
Alors avec le truc qui rôdait en moi… c’était peine perdue…
Le cocktail détonnant de la fille sexy et du démon tueur…
Sa voix ne tarda pas à résonner dans ma tête… et je luttais en vain… il prenait l’ascendant…
Bientôt, il réussit même à parler avec ma bouche…


« - Kiyoh… depuis le temps que j’attendais ça… »


Lentement, notre bouche alla s’apposer sur sa nuque, les crocs juste appuyés contre sa peau…
Heureusement pour elle, elle était assez forte pour repousser cet enfoiré, et elle le fit avec… peu de délicatesse…
Kiyoh était maître dans l’art du Taijutsu…
Un coup de paume bien placé dans MA poitrine, et le démon fut éjecté dans mes profondeurs…
Ce qui ne m’empêchait toutefois pas de sentir la douleur du coup qu’elle venait de me donner…



« - Une autre fois la morsure mon mignon… aujourd’hui, tu te contenteras de ce sang là… » lâcha-t-elle en me tendant la poche qu’elle tenait dans la main.


Je commençais très vite à boire le sang, seule technique en ma possession pour calmer ce monstre en moi…
Pendant que je buvais, la jeune fille m’expliqua la situation…
J’étais encore faible, mais mes sens étaient à l’affût…



« - T’as de la chance tu sais… ça fait quatre jours qu’on te cherche… Apparemment, les habitants du coin t’aiment bien parce que c’est eux qui t’ont soigné… Mais bon, comme on savait que t’avais besoin de sang, Kekoku m’a envoyé pour t’en amener… Hey mais… Pourquoi c’est moi d’abord ?! Aaah ! Il me prend pour sa sous-fifre ou quoi ?! Il va m’entendre celui-là ! »


Ça c’était tout Kiyoh…
Elle commençait à vous parler, et d’un coup, elle partait dans son truc, s’en prenant au monde entier…
En même temps, Kekoku ou toi, ça devait pas changer grand-chose… du temps que j’avais mon sang…
Et puis, soyons francs, la vue de la demoiselle était nettement plus appréciable que celle de Kekoku, le visage fermé, avec son costard…
Je finis enfin la dernière goutte de liquide vital… vital pour moi en l’occurrence…
Et Kiyoh ne tarda pas à filer…
Elle me sauta quasiment dessus pour reprendre sa poche… comme si j’allais l’agresser… non mais franchement… quelle idée…
La fille de Kital repartit en direction de la sortie de la tente, la vraie cette fois-ci, et se tourna avec un grand sourire…



« - Amuse-toi bien Shiryû-sempaï, on se revoit pour ton prochain repas ! »


Et cette fois, elle sortit…
Elle fila à une vitesse incroyable d’ailleurs…
Le rideau de la tente n’était pas encore retombé qu’elle pénétrait déjà dans la forêt…
Je réalisais soudain que… dans l’agitation, et… à cause de sa langue trop bien pendue, je n’avais pour ma part pas placé le moindre mot…

Bon…
Maintenant, faisons le point…
Certes, voir cette fille dès le réveil n’était pas désagréable mais… elle m’avait donné beaucoup de renseignements…

Donc, apparemment, j’avais dormi quatre jours…
Oué, normal que ça m’ait paru long là…
Quatre jours…
Ça faisait plus de sommeil que je n’en avais eu durant ses quatre dernières années, toutes réunies…
Non, je blaguais pas, c’est sérieux !
Je devais être sacrément amoché…
Et cette fille… ?
Bizarrement, même si je repoussais depuis le début l’idée qu’elle m’ait aidé… j’avais le sentiment que c’était elle mon sauveur…
Un sentiment étrange, mais bien présent…

D’ailleurs… j’étais dans un village…
Ça faisait combien de temps… ?
Plusieurs centaines d’années que je n’avais pas côtoyé si franchement tout un rassemblement d’humains…
C’était… effrayant…
Et ces bakas m’avaient même soignés…
Ce serait tellement plus simple si l’Homme était foncièrement mauvais…
Mais rien n’était jamais si facile…

A nouveau, cette fille… et… cette marque, me revinrent en tête…
Elle m’intriguait…
J’avais à la fois envie de la revoir, mais aussi… qu’elle disparaisse de mon paysage à jamais…
C’était si compliqué !
J’avais envie de la connaître je crois…
Ses similitudes avec Réha étaient bien trop étroites… je devais en savoir plus… non… je voulais en savoir plus…
Mais à mes côtés… elle serait en danger…
Et… une enfant si innocente ne méritait pas ça…
S’il en avait l’occasion, le démon la ferait souffrir… et après ce qui s’était passé quelques jours avant, je doutais qu’il se contente de la tuer…
Non, s’il prenait possession du corps, il lui ferait des choses bien pires que la mort… avant de la tuer bien entendu…
Cet enfoiré avait tous les vices…
Vous vous voyez cohabiter avec l’être qui a arraché sauvagement la vie à la femme que vous aimiez… ?
Je me dégoûtais…
Et… je frisais la folie…
Y’avait-il vraiment quelqu’un en moi… ?
Ou… est-ce que je me l’inventais pour trouver une échappatoire à mes crimes… ?

J’étais perdu mais… j’étais certain d’une chose, je ne devais pas sombrer…
Là, il serait calmé pour quelques jours, c’était à moi de rester sain d’esprit..
Si je passais moi aussi du mauvais côté, qui sait ce qui pouvait arriver… ?
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Kureha Hyameta
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MessageSujet: Re: Entretien avec un vampire... [pv Kureha]   Dim 10 Fév - 19:59

Me revoilà pour de nouvelles aventures !
C’est qu’il s’en était passé des trucs depuis la dernière fois !
La dernière fois ?
Heu… Ben j’étais lamentablement tombée dans les pommes…
Pas très glorieux, en effet…
Mais tout de même, j’avais fais un acte quasi-héroïque en embarquant ce jeune homme et en, je vous le dis sans attendre, lui sauvant la vie par la même occasion…

Dit donc, il allait m’être redevable pour un sacré bout de temps !
Non en fait je ne pensais même pas à ça…
Surprenant ?! Non mais oh !
Vous me prenez pour qui là, les gars ?!

Bon, reprenons les choses à leur commencement !
J’ai de quoi dire là !
Pour ma part, j’avais repris connaissance au petit matin…
J’étais là, étendue sur mon lit et plutôt bien entourée, je dois dire, puisque les premières personnes que je pus distinguer furent Mina et sa mère, la mine grave, inquiète…

Depuis la mort de mes parents, j’avais appris à considérer la génitrice de mon amie avec autant d’égard que la mienne, ou presque…
C’était une femme rondelette, ressemblant excessivement à ma meilleure amie, au caractère bien trempée qui aimait à me faire des sermons et à feindre la colère ou l’irritation…
Elle restait pourtant d’une gentillesse, d’une douceur inégalable, et était prête à faire n’importe quoi pour moi où pour sa benjamine…

Donc j’avais ouvert péniblement mes paupières qui me semblaient anormalement lourdes…
Un peu plus de sommeil n’aurait pas été de refus…
Oui, je sais bien que je suis une grande dormeuse, une marmotte comme on dit, alors pas la peine d’en rajouter voulez-vous…
Non mais si, je vois bien vos airs supérieurs là !

Malheureusement, j’eu à peine le temps de remettre les événements dans leur contexte que la jeune fille à mon chevet me sauta littéralement au cou, m’étreignant avec force, ce qui généra en moi une certaine gène en vérité…
Les grands élans d’effusions et tout ça, j’y étais pas trop habituée…
Et cette baka se mit à pleurer…
Non mais c’est bon, c’était pas comme si je venais de ressusciter là…
Il fallait toujours qu’elle en fasse des tonnes…
Néanmoins je dois admettre en avoir été profondément touchée, voir même reconnaissante…


« - Kureha chérie ! Tu nous as fais une belle frayeur hier soir, tu sais ! » Me reprocha ouvertement la mère poule, les poings sur les hanche…


Oups… ça c’était le genre de ton qui signifiait que je m’étais encore attirée des ennuis dont j’aurais du me sentir honteuse… aux yeux des adultes bien sûr…
Toutefois, je devais admettre que ma mémoire avait momentanément passé sous silence ma soirée de la veille…

Hier soir… Hier soir…
Qu’est-ce que j’avais fais déjà ?
Il y avait eu l’anniversaire d’Hana et puis… et puis j’avais filé en douce…
Et… Et ensuite… la forêt…
Et… … il y avait quelqu’un… un… un homme…
Cet homme !
Que s’était-il passé ?! Que lui était-il arrivé ?!

Il était blessé et je…
Avais-je vraiment invoqué Kyojin ?!
Tout ce sang…


« - Reha-chan… Tu… tu va bien, hein ? »


C’était l’adolescente qui venait enfin de me lâcher, me dévisageant avec intensité désormais…
J’hochai la tête, affichant une expression faussement convaincue et un sourire troublé…


« - Oui bien-sûr… Gomenasaï… Je… Je ne voulais pas vous faire peur… »


C’était vrai… J’étais sincèrement navrée…
S’il y avait bien une chose que je détestait c’était d’être la cause de leurs soucis…
C’était deux personnes si adorables… si attentives et si chaleureuses…

Cependant mes pensées ne s’attardèrent pas longtemps auprès d’elle, se précipitant de nouveau vers l’étranger…
Heureusement, je n’eu pas à attendre longtemps pour que ces deux pipelettes ne me dressent un tableau clair de la situation…

Premier point : Kanate était visiblement furieux contre moi et ne cessait de vociférer depuis mon retour… qui n’était pas passé inaperçu, loin de là.
Second point : Hana était soit disant bouleversée, m’accusant d’avoir volontairement gâché sa petite fête.
Troisième point, celui qui me parut le plus digne d’intérêt : L’homme que j’avais ramené avait été placé dans la tente du médecin de clan qui l’avait soumis à un traitement ayant pour but de stopper l’hémorragie. Ces jours n’étaient plus en dangers pour l’instant.

Yokata !
Je me sentais si soulagé de l’apprendre !
Mes efforts n’avaient pas été vains, finalement !

Je m’apprêtais à demander de plus amples information sur son état de santé, mais je fus interrompus par l’arrivé grandiloquente de mon oncle…
Aïe, ça allait faire mal !

Bon je vous passe les détails de notre entretien, lorsqu’il eu congédié mes deux «garde du corps »…
Pourquoi ?
Parce que ce serait bien trop long à retranscrire… et surtout… bien trop humiliant pour moi…

Hey oh !
J’ai jamais signé un contrat comme quoi je dois absolument tout vous dire, non mais oh !

Sachez juste que je du essuyer de multiple reproches et leçons de morale… qui n’en finissaient plus…
Et ça continuait, et ça s’éternisait…
Je me demandais même s’il aurait finit avant le lendemain…
Et j’aurais pas du m’enfuir, et j’étais totalement irresponsable, et c’était dangereux, et j’étais complètement immature, et j’avais fais du mal à ma cousine (pauvre petite chose fragile, j’vais la plaindre tiens…), et…

Moi, pendant tout ce temps, je restais relativement stoïque, tête basse, notant tout de même sa joie visible, quoi qu’il cherchait à la dissimuler, de me voir saine et sauve, de voir sa tête brulée de nièce relativement en forme…
Après un ultime soupir de sa part, je reçus le signal…

Comment ça quel signal ?!
Ben celui qui m’indiquait que c’était à mon tour de parler qui !
Bon d’accord, là le signal en question était tout à fait explicite puisqu’il s’agissait d’une question…

Il voulait comprendre…
Ça tombait bien, moi aussi…
Parce que je n’étais pas sûre d’en savoir beaucoup plus que lui au fond…

Mais la première chose sur qu’il souhaita connaître fut, tout bêtement, l’identité de notre hôte…
Outch ! Ça commençait fort !
Si je lui disais que pour dire vrai je n’en avais aucune idée, j’allais passer un mauvais quart d’heure et la litanie de mes méfaits reprendrait… donc… autant inventer un bon vieux mensonge made in moi !
Rien de tel pour se sortir d’un mauvais pas comme celui-là…
Me regardez pas, nécessité oblige hein !


« - Oh heu… C’est une longue histoire en fait… C’est un type… Oui donc c’est un type qui…heu… Ben en fait c’est un ami… d’un ami de Mina… Mais, un ami éloigné quoi… D’ailleurs c’est même pas un ami, je crois que c’est une sorte de… de cousin… de cet ami de… Mina… Ou peut-être pas de Mina en fait… Mais donc je le connais grâce à… Kyô… Kyô c’est le nom de l’ami de Mina, hein… et heu… Mais en fait ça fait un moment qu’on s’était pas vu… »


Ok, je m’emmêlais les pinceaux…
Mais j’étais pas doué pour le mensonge et c’était pas faute d’avoir essayer…
Comme il n’était pas dupe, le chef de clan le devina donc lui aussi et me coupa la parole d’un simple, efficace et horriblement déstabilisant :


« - Kureha… Tu es en train de me mentir, je me trompe ?
- Ben non je mens pas ! C’est un ami juste !
- … Tu sais je me fâcherais pas si tu me disais que c’est ton petit ami…
- Ah oui… Mais… NON ! C’est pas mon petit ami ! Ça va pas la tête ! Il est… Il est très gentil mais c’est… un ami c’est tout…

- Non mais c’est de ton âge ce genre d’histoires hein alors si tu me dis la vérité je ne me fâcherais pas, c’est promis… C’est pour ça que tu es partie comme une voleuse ? C’était pour le retrouver dans les bois, n’est-ce pas ? »


Non mais je rêvais ! Ou allait le monde !
Plus embarrassant y a pas…
Je le connaissais ni d’Eve ni d’Adam ce type et quoi que je dise, borné comme il l’était, le frère de mon père allait être convaincu que je sortais avec lui… et pire il semblait vouloir dire être prêt à l’accepter !
Moi je l’étais nettement moins déjà…
J’étais dans de beaux draps…
Aussi m’exclamai-je avec véhémence :


«- … … Kanate… Ecoute… Puisque je te dis que c’est pas mon petit-ami !
- Inutile de t’énerver, je posais simplement la question… Raconte-moi plutôt ce qui l’a mit dans cet état… ton… ami… »


… … Il était passé maître dans l’art des sous-entendus lui…
Bref, j’allais plutôt misée pour une partie de vérité cette fois…


« - Aucune idée… Faudra-le lui demander… Je l’ai trouvé comme ça… Alors je l’ai ramené ici… »


Non ! C’est pas vrai, je déchargeais pas mes responsabilité sur lui ! …
S’il voulait avouer s’être planté tout seul, libre à lui… sinon, il ferait comme moi, il trouverait une échappatoire… ou il éluderait les questions, au choix…
L’homme affirma une fois de plus sa stupeur de m’avoir vu rentrée dans cet état, couverte de sang, lui qui connaissait ma phobie, et qui plus est sur le dos de l’aigle géant…
Je mis tout cela sur le compte de l’adrénaline mais en réalité je n’en étais pas certaine…
Est-ce qu’elle pouvait expliquer tout ça à elle seule ?
Est-ce qu’on pouvait lui mettre sur le dos les émotions troublantes et contradictoires que j’avais ressenti, là-bas, seule avec lui dans la pénombre de cette forêt…

Puis, Kanate parti, après m’avoir déposé un léger baiser sur le front, sa façon à lui de me dire « désolé de m’être emporté », me laissant dans une solitude oppressante…
Je ne tardai donc pas à m’activer, histoire de ne pas ressasser mes idées sombres…

A peine avais-je finis de me préparer, que je courrais tout droit à la tente du médecin, distincte des autres grâce à sa largeur étonnante.

En m’apercevant, le vieil homme m’offrit un clin d’œil complice et je le soupçonnais de croire lui aussi à une relation intime entre moi et son patient…
Qu’est-ce qui leur prenait à eux ?! A croire qu’ils étaient tombés sur la tête…

Sans relever ce petit signe, je me dirigeai sans attendre vers l’étranger…
Il était allongé, le visage étonnamment paisible, les paupières closes…
Sa respiration était lente et régulière, signe qu’il allait bien… enfin autant que possible lorsque l’on a un trou dans l’épaule…

Etrangement, un sourire emplit de douceur vint étirer mes lèvres devant cette vision…
C’était illogique… Il avait voulu me tuer, c’était indéniable mais je… j’avais voulu le sauver…
Je le voulais toujours…
Je voulais qu’il vive… et… qu’il aille mieux..
Je voulais le soulager, apaiser les remords qui étaient incontestablement les siens depuis… depuis…
Bref, je voulais le voir sourire une… dernière fois ?
Oui, en effet, ça n’avait pas de sens…
Très bizarre…

Je m’assis alors près de lui, posant ma main fraiche sur son front…
Il avait de la fièvre, ce qui n’était pas étonnant…
Mes prunelles glissèrent lentement et après une courte hésitation sur la blessure que cachait encore un épais pansement…
Il… Pourquoi avait-il fais ça ?
Et,… je m’en souvenais bien à présent… pourquoi s’était-il excusé ?

Je remarquais au passage que ce torse dénudé était remarquablement bien sculpté… ce qui m’arracha un léger rougissement, me gourmandant de mon audace…
Ben quoi j’ai jamais dit être une sainte !
J’étais une fille de dix-sept ans avant d’être… heu… Enfin, j’étais une fille quoi…
Et ce qu’il ne savait pas ne pouvait pas le mettre mal à l’aise après tout…
En plus, personne ne serait là pour le lui répéter alors bon…

La journée passa ainsi…
Je veillais sur lui, changeant ses bandages à l’aide du docteur, attendant qu’il se réveille…
J’étais d’ailleurs étonnamment assidue… et plus encore, d’une patience inhabituelle…
En fait… m’occuper de lui… ça me plaisait, je crois…
Prendre soin des autres, j’avais toujours apprécié… mais lui… mon souhait de lui venir en aide était tellement puissant que m’enfermer ici avec lui ne ressemblait à rien à une contrainte…

Malgré tout, il ne revint pas parmi nous, ni ce jour-ci, ni le lendemain ni même le surlendemain…
C’était toujours la même chose, les mêmes rituels…
Je ne pouvais me résigner et revenais chaque fois dans cette fichue tente avec ce même espoir ridicule, teinté toutefois d’appréhension, qui bouillonnait en moi…

Ce ne fut que le quatrième jour, qu’un changement notable se fit…
Aujourd’hui ne faisant pas exception, à peine debout, je me précipitai au chevet de blessé…

Traversant, le campement, je m’immobilisai brusquement, apercevant au loin une jeune fille qui sortait de là où me destinait mes pas, trop discrètement pour que cela ne semble pas louche et avec un empressement trop apparent pour ne pas me faire me poser des questions…

Tout ceci eut pour conséquence de me faire accélérer, inquiète soudain pour le jeune homme.
J’écartai donc les pans de la tente, m’y engouffrant prestement.
Mon regard trouva immédiatement ce qu’il cherchait, se teintant de surprise…
Il était là, l’air lointain, à demi-redressé, soutenu par les oreillers, on ne peut plus bienvenue sans doute.

Je me ruais alors vers lui avec une exclamation associant le soulagement à une joie palpable que j’accompagnai d’un « Yokata ! » vibrant d’émotion.
Mes prunelles pétillaient de gaieté et, je réalisai que toute trace de peur m’avait quitté… ne laissant place qu’à l’apaisement…

Je me penchai vivement vers lui, plaçant mon visage à quelques centimètres du sien avant de poser mes doigts sur sa poitrine, dans un geste signifiant clairement : « ne bouge pas ! » et qui avait donc pour but de l’immobiliser, quoi que si l’envie lui avait pris de le faire j’aurais été bien en peine de le retenir !
Mes yeux écarquillés le dévisagèrent un bref moment, puis clignant plusieurs fois des paupières, tout en inclinant légèrement la tête, je m’exclamais d’une voix voilée par l’inquiétude :


« - Daijobu desu ka ?! »
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Shiryû Tatsumi
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MessageSujet: Re: Entretien avec un vampire... [pv Kureha]   Dim 10 Fév - 22:08

J’étais chez des humains…
Pour être honnête, même en m’imaginant retrouver mon humanité tout ça, je… j’arrivais pas à m’imaginer retrouver la « civilisation » et… ce peuple d’humains…
D’ailleurs, vu sous cet angle, on pouvait se demander en quoi une vie de mortelle me servirait…

Qu’importe…
Vous voulez vraiment le savoir ?

Mon droit à mourir…
Depuis que Réha était morte…
Je n’avais jamais vraiment vécu au cours de mon existence, mais… depuis la disparition de ma bien-aimée… C’était encore pire…

Lorsque vous avez connu quelqu’un capable de comprendre votre douleur, et… quelqu’un qui accepte malgré tout de partager votre vie…
Se retrouver sans elle…
C’était pire que tout…
Et…
C’était sûrement ma punition…
J’avais ruiné des tas de vies… peut-être des couples, des familles, des clans entiers…
Vous imaginez tout ce que j’avais pu prendre aux autres, sans que ça ne m’affecte… ?
C’était horrible…

Je pensais… peut-être à juste titre, que la mort de Réha était le retour de bâton…
J’avais détruit le bonheur de tellement de gens… que mon bonheur… mon vrai bonheur à moi… m’avait été enlevé… et par moi-même…
Ironiquement tragique, hein…
Le pire, c’est que Réha n’avait pas mérité ça…
Elle n’avait rien fait, et… elle avait connu tant de malheurs…
Le monde… la vie était injuste…
Et malgré mes mille années d’existence, je n’acceptais toujours pas cela…

Mais…
Tout ceux que j’avais massacré n’avaient rien fait de mal non plus…
Leur seul tort était véritablement de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment…
Mais si quelqu’un devait être destiné à mourir… ça aurait du être moi… pas elle… pas ma Réha…
Allez comprendre comment ce monde fonctionne…
La peur… le sang… l’argent…

Il est facile de se dire que le monde des ninjas est loyal et plein d’amour…
Mais c’est totalement faux…
Il n’est fait que de mort… de trahison… de désolation, et de tristesse…
La voie du shinobi…
Tuer d’autres êtres humains qui ont choisi de suivre une voie différente de la tienne…
Quelle belle morale…

Au fond, on était tous pareils…
On avait juste une éducation différente… on nous apprenait des choses différentes… et nous faisait voir le monde d’un angle différent, en fonction de l’endroit où l’on naissait…
En vérité, personne n’avait tort…
On suivait simplement les routes tracées par nos pères…
Le problème était qu’à l’origine, des mecs se soient affrontés… pour le pouvoir, ou je ne sais quelle autre connerie…
Aujourd’hui, on subissait tous l’influence et le poids de leurs erreurs passées…
Alors bonne chance à celui ou ceux qui tenteront de changer la mentalité de ce monde ninja pourri jusqu’à l’os…

Moi, j’ai une autre mission à mener…
La mienne…
Ma rédemption…

Donc je me retrouvais dans un vill…
Dans un campement plutôt…
Oui, je ne connaissais pas de village où l’on vivait dans des tentes…
Disons que ça serait plutôt… précaire, non ?
Il y a quelques centaines d’années d’accord, mais aujourd’hui…
Une sorte de campement donc… qui devait pulluler d’humains…

Kiyoh était déjà sortie de mon esprit…
C’était une de ses qualités…
Lorsqu’elle était là, elle crevait l’écran, mais dès qu’elle disparaissait, elle sortait facilement de l’esprit…
C’est une vieille technique… pas vraiment ninja, mais qui très dure à maîtriser… généralement, ceux qui savent le faire sont des personnages assez haut placés, qui agissent en douce, et dans le dos de tout le monde, n’espérez pas en coincer un…

Alors bon, c’était bien gentil tout ça mais…
J’allais voir des humains là !
Plein… partout…
Si je mettais un pied dehors, j’en verrais des tas…
Des adultes, des enfants… de toutes sortes…
Oulà !
Mais comment j’allais faire !!!

Et plus important…
Est-ce que cette fille était là elle aussi ?
Cette… euh…
Non, en fait… je ne savais même pas son nom…
La fille au Phénix…
Ça lui ira comme nom en attendant de connaître le vrai…

Oui, c’était étrange parce que… je me retrouvais coincé ici…
J’aurais dû être effrayé à l’idée de croiser tous ces humains mais… l’envie de revoir cette fille… de croiser à nouveau son regard… cette envie surpassait largement toutes les autres choses que je ressentais…
Bizarre…
Mais en fait… plus rien ne m’étonnait avec elle après la soirée folle de l’autre jour…
De plus, elle restait liée à Réha, j’en étais convaincu.

Mais le plus étrange était là…
Ce n’était pas ses similitudes avec Réha qui occupaient mon esprit…
Non, c’était elle…
Cette jeune et belle inconnue…
Son regard…
Impossible de l’oublier… même quatre jours après, j’en avais toujours une image claire et distincte…
Oué, sa jolie frimousse était dure à oublier… très dure…

Comme dit l’expression, quand on parle du loup, on en voit la queue…
Sauf que là, il n’y avait ni loup, ni queue, mais juste une magnifique jeune fille, qui pénétra avec hâte dans la tente où je me reposais…
Elle paraissait avoir fait une course effrénée pour venir jusqu’ici car elle avait l’air quelque peu affolée…

Mais à dire vrai, je n’ai pas vraiment pensé ça sur le coup…
J’ai juste eu comme un soulèvement dans le ventre, et… une joie immense dans le cœur…
Elle était là…
Sa présence m’apaisait…
C’était bizarre mais… je ne me sentais pas seul…
Elle était là, tout irait bien…

Mais pourquoi… ?!
Elle n’était qu’une vulgaire fille, non ?
Vulgaire dans les deux sens d’ailleurs, car de nouveau, elle portait cette même tenue à la limite de l’indécence…
Décidément, elle aimait montrer son corps cette demoiselle…
Et c’était pas déplaisant, il fallait avouer…
Même si l’idée que certains puissent la regarder avec de sales intentions m’étaient insupportable…


Non mais qu’est-ce qui se passait ?!
Pourquoi cette inconnue faisait poindre en moi de telles émotions… ?!
Là, ça me dépassait… ça me dépassait largement même…
Mais bref, revenons-en au moment présent…

La jolie fille se rua vers moi en poussant un cri de soulagement…
Tant que ça ?!
Bah… euh… merci de t’être inquiétée autant pour moi euh…
Oui, ça me mettait mal à l’aise…
Je n’étais clairement plus préparé au vrai contact humain… et encore moins au contact avec la gente féminine…
Mais là, ça semblait être très intense pour moi…
C’était… déroutant…

Ses yeux étaient si brillants…
Ils pétillaient… ils étaient si lumineux…
Sa joie et son soulagement se lisaient dans son regard…
Un regard très expressif… et très profond…
J’étais dans ses yeux… si émotionnellement animés…
Et… je n’arrivais pas à m’en défaire…

La demoiselle s’assit finalement à mes côtés… faisant monter en moi une certaine envie… insondable, même pour moi…
Il m’arrivait de drôles de choses…
Des choses vraiment intenses en sa compagnie…

Je me souviens m’être dit l’espace d’un instant que peut-être elle était liée à Réha d’un moyen étrange… du genre une réincarnation, ou un truc du genre, vous savez… comme le Phénix…
Moi l’immortel, et elle, capable de vivre éternellement en renaissant sans cesse…
Ça faisait un beau conte hein…
Oui, j’avais à peine eu le temps de penser à cela que toute idée me quitta soudain…

Elle…
Elle… s’approchait…
Son visage était maintenant à quelques centimètres seulement du mien…
Et je… je crois qu’un humain normal aurait rougi…
Moi je crois que j’en suis incapable, alors ça ne se voyait pas…
Mais elle était très… très directe avec moi…
Comme si on se connaissait…
Elle agissait vraiment avec insouciance, pas de doute, c’était bien la même que l’autre soir… la terreur en moins…

Mais ça ne s’arrêta pas là, car je sentis bientôt ses doigts s’abattre avec douceur et délicatesse sur mon torse…
C’était froid… mais… si brûlant à la fois…
Ce contact m’offrit un frisson, frisson qui parcourut tout mon corps.
C’était si… délicieux…
Le genre de choses que j’avais oublié et… qui m’avait manqué…
A la fois doux et léger, ce toucher était enivrant…
Je me sentais fléchir sous la main de l’adolescente, et je lâchais alors un minuscule gémissement quasiment inaudible…

Une vieille blague me frappa, du genre : pas touche mon grand, tu dois avoir pas loin de mille ans de plus qu’elle…
Mais les histoires drôles n’étaient pas mon fort…
M… En tout cas, cette « blague » ne traîna pas dans mon esprit, car de nouveau, je plongeais dans le regard lumineux de la jeune inconnue…
J’aurais aimé que ses doigts ne restent pas sur mon torse, parce que je n’y résistais plus…

Elle inclina alors légèrement la tête, et avait l’air inquiète…
Inquiète… ?
P… Pour moi… ?
Ce… Waow…
Ça n’arrivait jamais ça…
Personne ne s’inquiétait pour moi normalement…
Elle lança alors…



« - Daijobu desu ka ?! »


Elle…
C’était… gentil…

Si j’allais bien…
Oui je…
Oui, je crois que ça allait…
Je ne ressentais même pas la douleur de ma blessure à l’épaule…

En tout cas, tout commençait à devenir clair dans cette histoire…
Elle était mon sauveur…
Je…
J’avais failli la tuer…
D’ailleurs… je…
Est-ce que je lui avais fait quelque chose ?!
Non je… je ne crois pas mais…
Je ne savais plus…

Et elle…
Elle me sauvait la vie…
De tous les humains, elle était bien la plus intrigante…
La plus sexy peut-être, mais c’est sûr qu’elle m’intriguait…
Elle était terrorisée quand j’étais tombé dans les pommes, et… elle avait réussi à me sortir de là… ?
Chapeau mam’zelle…

Je lui offris alors un joli regard, rassurant, et tentais… à ma manière certes, de sourire…
Ça devait paraître ridicule mais…
Je faisais de mon mieux… pour elle…


« - Oui je… je vais très bien… ari… arigatô… »


Elle…
Elle avait du veiller sur moi tous les jours…
Waow…
Pour une fois que quelqu’un en faisait tant pour moi…
J’étais… flatté…
Mais…
Et elle… ?
Est-ce qu’elle allait bien ?!
Je baissais alors les yeux, avant d’amener l’une de mes mains sur celle qu’elle avait posée sur ma poitrine.


« - Gomena’… je ne vous ai pas fait de mal j’espère… » lâchais-je la tête basse, pour ne pas la regarder en face…
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Kureha Hyameta
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MessageSujet: Re: Entretien avec un vampire... [pv Kureha]   Lun 11 Fév - 1:47

Je m’inquiétais pour lui c’est vrai…
Je n’y pouvais rien, c’était plus fort que moi !
Que voulez-vous, j’avais beau me raisonner, me répéter que ce type était dangereux, quelque chose m’empêcher de m’en persuader totalement…
Peut-être son regard lorsqu’il avait soufflait son « désolé » si troublant… ou peut-être cette lutte intérieure que j’avais devinée et qu’il avait finalement remporté…
Au moins j’avais une technique efficace maintenant, s’il redevenait menaçant je n’avais qu’à lui transpercer l’épaule…

Bon, plaisanterie de mauvais goût mis à part, au vu de ce qu’il s’était passé et de son état actuel de faiblesse, j’étais convaincue de n’avoir rien à craindre… pour l’instant…
Une part de moi cherchait à surgir, à s’exprimer, à me supplier de rester sur mes gardes, tandis que l’autre l’étouffait sans préavis…
Je restais vaguement méfiante mais me laissais emporter par ce flots d’émotions que je ne savais distinguaient les unes des autres…
D’ailleurs, je n’avais pas hésitée une seule seconde en me précipitant si près de lui…

En d’autre circonstance, j’en aurais été gênée…
Déjà parce que je me permettais de briser ce que l’on pouvait appeler sa distance sociale, ou de sécurité au choix, pénétrant dans un périmètre que l’on qualifiait volontiers d’intime…
Ensuite, que je posais la main sur son torse, nu qui plus est, alors que nous n’étions l’un pour l’autre en tout et pour tout que deux inconnus…
Je ne sais pas… c’était… comme si mon corps agissait d’instinct…
Comme s’il connaissait le sien…

A vrai dire, en temps normal, je ne me serais pas permis tout cela !
C’était trop direct et quoi que vous puissiez penser, j’avais une certaine retenue… parfois…
Bref, je me serais contentée de lui poser la question sans ressentir ce…besoin ? … d’ajouter le geste à la parole, en quelque sorte…
… Je… Je ne l’aurais pas touché, voilà vous êtes contents ?! Je l’ai dis !
Il vous faut peut-être un dessin ?!
Non, je m’énerve pas…
Non, je rougis pas non plus, arrêtez vos conneries !

Bon reprenons…
En vérité, j’avais agit sans réfléchir, pour changer… mais je dois reconnaître que là, maintenant, je me sentais parfaitement ridicule… et le dirais-je… embarrassée…
Pour moi, autant que pour lui le pauvre…
A peine réveillé que je lui sautais à moitié dessus…
Tous comptes fais bien réfléchis… oubliez mes reproches de tantôt à l’encontre de Mina…
Ah… c’est déjà envoyé à l’éditeur … ? Bon ben tant pis alors…

En plus, peu de gens appréciaient d’entrer en contact avec de parfaits étrangers…
Moi-même je n’en étais pas friande…
Tant que tu connais pas, tu touches pas ! C’était simple…
Sauf dans ce cas présent…
Je ne pouvais que difficilement revenir en arrière… alors autant assumer en…faisant style de rien, par exemple ?

Donc au lieu de me retirer prestement en bégayant ce qui aurait pu être des excuses, je restais dans cette position, conservant ainsi cette proximité nouvelle que je venais d’instaurer un peu à mes dépends, je l’avoue…

En réalité, à peine l’avais-je interrogé sur son état de santé que j’oubliais tout ça…
Les raisons qui m’avait conduite à me retrouver dans cette situation avec lui, si près de moi… avec lui et son regard bouleversant qui me paraissait étrangement familier mais paradoxalement nouveau, mystérieux…
C’est bien connu, l’inconnu, pour les humains, détient un caractère exaltant, grisant même…
Cet homme avait, à ce moment précis, exactement le même effet sur ma personne…

Je voulais savoir, je voulais comprendre…
Je voulais le découvrir… ou le redécouvrir… enfin je ne savais plus trop…
Mais je le voulais…
Non pas lui, bande de baka ! « Le » dans le sens… Oh et puis zut !
Vous avez parfaitement compris !

Donc oui, il ne me restait que la conscience de cet être à moins d’un mètre de moi…
Envolait cette histoire de meurtrier ou de Monstre du Mal…
Et puis est-ce qu’un monstre pouvait avoir un visage d’une telle… perfection ?! C’était stupide !
Non… cette…chose… ce démon qui m’avait arraché à mes parents, à l’amour maternel et protecteur ne pouvait être qu’hideux, une créature difforme à l’image de son âme…
Une créature que je m’étais promis de renvoyer de là où elle venait, de la bouche des enfers, endroit qu’elle n’aurait jamais du quitter…
C’était un bel exemple d’erreur de la nature, non ?
Je ferais le plus grand bien à ce monde en la renvoyant dans les abysses du néant…

Enfin pour l’heure je ne pensais absolument pas à cet assassin, trop préoccupée par le garçon face à moi…
Il était…beau…
Vous savez ce charme ténébreux, obscur…
Et surtout, surtout il avait ce regard terriblement profond qui m’attirait déjà comme un aimant, envoûtant mes sens et mon esprit…
Il paraissait plein de… dureté, froid comme le marbre mais… brûlant, intense…
C’était comme si ces yeux avaient déjà tout vus, tout vécus…
Ça n’aurait jamais du exister un tel regard !

Une à une mes barrières et réticences volaient en éclats tandis que mon intérêt était piqué à vif…
Je flottais à des kilomètres de là…
Ni l’espace ni le temps ne semblaient avoir d’impact sur moi…
Il n’y avait que… moi… et ses deux prunelles déroutantes…

Pourtant, j’aurais eu de bonnes raison de m’angoisser…
J’étais de nouveau seule devant lui et rien n’avait changé au fond…
J’étais toujours aussi vulnérable et lui me paraissait toujours aussi puissant, quoi que cette fois je n’aurais pas eu tort de me croire supérieure en force…
Il sortait à peine du coma, après tout…
Mais non, là encore je retrouvais cette étrange impression d’être minuscule… jeune… comme toute petite…
Pour un peu, je me serais mise à trembler… mais pas de peur cette fois…

C’es alors que ces deux billes si captivantes se firent plus douces, comme elles l’avaient étaient avant qu’il ne perde connaissance quatre jours plus tôt, m’arrachant un frisson plutôt agréable…
Il ne ressemblait plus rien à ce jeune homme terrifiant que j’avais entraperçus dans les bois…
En plus, qu’est-ce que je racontais… Je n’étais même pas sûre de ce que j’avais vu…
Il faisait noir, au fond… alors je ne pouvais rien affirmer…

J’essayais de m’en convaincre en vérité, mais sans grand succès…
Si j’étais certaine d’être hors de danger à cette minute-ci, je l’étais tout autant d’avoir frôler la mort moins d’une semaine auparavant…
J’avais l’impression d’être en face d’une personne bien différente de celle qui était tombée à genoux face à moi en me lorgnant avec une envie malsaine, cruelle… démoniaque…
Peut-être une sorte de schizophrénie… Non, je n’y croyais pas vraiment…
C’était bien plus compliqué que ça…
Mais si ça avait été aussi facile, ce n’aurait pas était si « drôle », n’est-ce pas ?
Du moins pas si séduisant…
Et oui, j’avais un goût du risque plutôt prononcé, c’était bien connu… et… honnêtement, je n’y pouvais pas grand-chose…

Quoi qu’il en soit, je vis ses lèvres s’étirer en ce qui s’apparentait à un sourire… ce qui n’avait pas l’air d’être très… naturel chez lui, on va dire…
Comme s’il avait oublié comment il fallait s’y prendre…
Mais c’était un bon début !
On était encore loin de la franche gaieté mais c’était un premier pas encourageant !
Allez encore un effort et bientôt tu te souviendras même plus ce que c’est que de faire la tête !
Ok, je m’avançais peut-être un peu trop… Un peu beaucoup trop même, mais bon…

En plus il avait l’air déjà bien plus sympathique… Ce à quoi je n’étais pas habitué…
Ben oui, j’avais eu le temps de l’imprimer dans ma mémoire ce visage, quoi qu’à l’époque il restait inerte, figé dans un sommeil trop long et qu’il m’avait manqué quelque chose qui, je le comprenais aujourd’hui, était essentiel pour mesurer l’étendu de sa beauté… ses yeux…
Endormis il n’était déjà pas laid quoi… Oh, le bel euphémisme…
Mais, animée, cette tête était bien plus agréable à regarder, croyez-moi !

Et puis, c’était touchant…
On voyait qu’il s’acharner à paraître… je sais pas trop… gentil tout simplement…
A se rendre, comment dire… plus lumineux, peut-être…
Puis sa bouche remua, bouche à laquelle j’étais suspendue et qui finit par émettre un :


« - Oui je… je vais très bien… ari… arigatô… »


Sa voix était comme dans mes souvenirs, chaude, grave, profonde… avec sa capacité à m’atteindre jusqu’au fin fonds de votre âme…
Qu’est-ce que je racontais moi ?! C’est à pine si je l’avais entendu deux fois au cours de mes dix-sept années d’existence !
Je divaguais carrément moi…

Mais bon, si l’on oubli la confusion que généra en moi le son qui venait de lui échapper, ses propos achevèrent de me soulager, m’arrachant même un petit soupir ravi…
Ma mine tendue fit instantanément place à une sérénité joyeuse…
Il était hors de danger !
Et ce constat était tellement réconfortant…
Et puis… il était entre de bonnes mains !
Quoi, les miennes ? Et ben alors vous avez quelque chose contre mes mains ?!

Donc je reprends…
Il m’avait remercié… Pour quoi exactement ?
Je n’avais pas l’impression d’avoir fais beaucoup pour lui… pas autant que je l’aurais voulu en fait…
J’étais partie trop vite…

… … Nani ?
J’avais de drôles de pensées encore une fois…
Donc oui, je n’avais fais que l’emmener ici et le reste, n’importe qui aurait pu le faire…
Changer son pansement, faire tomber sa température avec un linge imbibé d’eau froide, ce n’était pas bien compliqué en fait…
Et puis j’avais du temps à lui consacré…
Ça n’était honorable en rien…
Bon je ne dis pas que c’était entièrement négligeable mais voilà…

J’étais en train de méditer là-dessus, lorsqu’il se mit à bouger les doigts, les apposant sur ma main, restée sur lui, peu désireuse de partir apparemment…

Je déglutis avec difficulté tandis que mes yeux se posaient sur notre point de contact, essayant tau passage de ne pas faire attention au frémissement qui venait de m’être arraché…
Je me sentais comme… comment dire… brûlée par cette paume pourtant amicale…

Une expression perplexe vint alors se peindre sur mes traits…
Pourquoi avait-il fait ça… ?
Moi j’avais agis sous le coup de l’impulsion mais lui, comment dire, il entretenait tout ça…
C’était désarmant, déconcertant et incompréhensible… totalement inattendu aussi…

Je relevais alors la tête, m’empourprant malgré moi, remarquant non sans frustration qu’il avait baissé la sienne, comme refusant d’affronter la vision que je lui offrais…
Je… Je voulais qu’il me fixe encore dans les yeux… Je ne voulais pas… le voir fuir…
Il l’avait déjà trop fait…
Heu… Non oubliez tout ça…

Quoi qu’il en soit, il avait l’air dépité et lorsqu’il parla j’eu enfin la confirmation de mes soupçons, il se souvenait de notre première rencontre et… peut-être… culpabilisait-il…


« - Gomena’… je ne vous ai pas fait de mal j’espère… »


J’étais un peu confuse là…
Il n’avait rien fait, bien entendu…
Un peu perdue, j’eu un temps de réflexion, ne sachant comment réagir…
Lui seul comptait et je ne m’attendais pas à ce qu’il s’inquiète pour moi…
Ça se voyait que j’étais enforme non ?
Je veux dire… Ce n’était pas moi qui était alité, la poitrine bandée et tout et tout !
Le blessé c’était lui, quoi !

Mais il était mignon… de se soucier de moi…
Enfin si on oubliait ce qu’il avait faillis faire…
Mais pour l’heure je préféré mettre ça dans un petit coin de mes souvenirs…
J’aurais bien le temps de le ressortir en temps et en heure, pas vrai ?!

Ramenant alors ma paume à moi, retrouvant l’étendue de ma bonne humeur, je le gratifiai d’un large et éblouissant sourire, destiné à la rassurer pleinement…
Remontant légèrement les épaules et écartant à moitié les bras, comme pour lui dire : « Regardez par vous-même ! » avant de m’exclamer sur un ton enjoué contrastant bizarrement avec le sien :


« - Iee Iee ! Je vais très bien ! … Mieux que vous, sans doute… »


Mon sourire s’élargit encore tandis que mes prunelles pétillantes cherchaient les siennes, dans l’optique de donner… hum… du poids à mes mots en quelque sorte…
Puis une idée me traversa, me figeant sur une place et m’offrant une moue penaude.
Vous savez le genre de moue qui veux dire : Je suis trop bête ! J’aurais du y penser tout de suite !
C’était peut-être simplement un prétexte pour m’éloigner juste un peu de lui, histoire de reprendre mes esprits… mais…


« - Oh ! Mais j’y pense vous devez être affamé ! » Repris-je donc avec une certaine précipitation.
« - Attendez-moi ! Je reviens tout de suite ! »


Sans attendre de réponse, avec le dynamisme et l’énergie qui me caractérisait, je me ruais hors de la tente… en direction de la mienne…
J’en récupérais quelque onigiris avant de me presser pour retourner auprès du patient…
Sans tarder, je les lui tendis ponctuant ce geste d’un « mangez ! » relativement autoritaire avant de m’adoucir visiblement et de lancer d’une voix mutine :


« - Vous vous sentirez mieux après ça, vous verrez ! Et quand vous aurez finis on s’occupera de vos bandages, d’accord ? »


Qui a dit que j’étais une véritable pile sur pattes ?!
Si si, j’ai très bien entendu !
Bon d’accord, j’étais peut-être un peu speed surtout pour quelqu’un qui vient de dormir quatre jours et trois nuits mais… j’étais ainsi et je doutais que quiconque parvienne à me changer un jour !
En outre, lorsque j’avais une ide derrière la tête… je ne l’avais pas autre part, comme qui dirait…

J’attendais donc sa réponse, conservant mon éternel sourire…
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Shiryû Tatsumi
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MessageSujet: Re: Entretien avec un vampire... [pv Kureha]   Lun 11 Fév - 17:38

Cette proximité…
C’était…
C’était tellement déconcertant…
Je me sentais flotter plus elle se rapprochait de moi…
Alors, lorsqu’en plus, sa main se trouvait sur mon torse, je peux vous dire que c’était réellement insoutenable pour moi…
Elle me faisait… une drôle de sensation…

Chaque fois qu’elle était dans les parages, je… je me sentais… bizarre…
Pas bizarre mal, vous inquiétez pas…
Juste… bizarre…
Vous savez… comme ce genre de sentiments que vous ne sauriez décrire avec exactitude…
Vous le savez bon, mais… il reste tout de même indéfinissable…
Et bien je ressentais ça…

Elle était si près… si près de moi…
Juste là… à quelques centimètres…
Je pouvais la toucher si je le voulais…
Oui, d’ailleurs… c’était déjà fait…
J’avais comme… omis ce détail…
Sa main… sa main douce… je la tenais délicatement avec la mienne…

Mais…
Malheureusement pour moi, ce contact finit par prendre fin…
J’aurais pas été contre le fait qu’il dure éternellement, mais ça aurait été compliqué, soyons sérieux.

Elle reprit donc sa « propriété », délaissant ma main, et surtout mon torse… nu tout à coup…
Non, j’étais déjà torse nu mais…
Sans sa main j’étais… encore plus nu…
Ah vous êtes pas intelligents, je lâche l’affaire.
La belle inconnue avait donc ramené ses doigts à elle, et je me retrouvais assez… bête et gêné tout à coup…
Dans une posture peut-être étrange…

Elle m’offrit alors un large sourire…

Wahou…
Qu’il était éblouissant celui-là…
Mon cœur était… tout en joie soudain…
C’était si… comme si j’avais la sensation de vraiment respirer…
Très étrange mais… très jouissif.
C’est fou ce que ce sourire me procurait comme émotions !

J’étais… bêtement… heureux, par un simple sourire…
Quel idiot…
Mon ventre gargouillait, et bien que je sois à demi allongé, je sentais mes jambes légèrement tremblantes…
Mon cœur était sur un rythme un peu plus rapide et… je me sentais bien… réellement…
Elle avait un pouvoir ou quoi cette fille ?!

Elle se recula alors légèrement de moi, et je crois avoir laissé passer une émotion du genre « me laisse pas » dans mes yeux…
Oulà !
Je devenais cinglé !
Comme si je l’étais pas déjà assez…

Bref.
Elle écarta les bras comme pour… me montrer que son corps ne portait pas la moindre blessure… et aussi qu’il était on ne peut plus joli, ce corps…
C’est la première fois qu’une aussi belle demoiselle s’offrait sans rechigner à la bète que j’étais…


Je blaguais hein…
Sa pose pouvait laisser supposer l’offrande, mais je rigolais, vraiment…
Vous aimez pas mon humour… ?
Tant pis pour vous, je savais bien que j’étais pas un mec drôle…
Alors je vais arrêter les « vannes »…

Donc apparemment elle n’avait rien…
Mes souvenirs ne m’avaient pas trompés…
Lorsque je m’étais évanoui, je ne lui avais rien fait de mal.
Ouf !
Je m’en serais voulu d’abîmer un si joli visage…
Et une personne si innocente… et je le savais maintenant, si gentille.

J’avais suffisamment profité, visuellement, de son corps, et elle prit alors la parole, accompagnant ainsi son geste…



« - Iee Iee ! Je vais très bien ! … Mieux que vous, sans doute… »


Puis…
Elle se mit à sourire plus grand encore en tentant de s’accrocher dans mes yeux…
C’était mignon… adorable même…
Et j’adorais cette voix, qui résonnait comme une douce mélodie à mes oreilles…

Et…
Mieux que moi ?
Ah… mon épaule !
C’était rien de ça…
J’avais connu bien pire au cours de ma « carrière ».
Je ne sentais déjà plus rien.
A croire qu’une certaine jeune fille avait merveilleusement pris soin de moi ces derniers jours…

Elle afficha alors un air assez… déstabilisant…
Genre « je suis une baka »…
Vous savez, un peu gênée, et quand on se sent stupide…
C’était cette expression là.
Alors que je me demandais pourquoi elle pouvait être dans cet état, et… que j’étais assez gêné d’être regardé avec ce regard dérangeant, elle s’exprima enfin, mettant un terme à ce silence étrange…



« - Oh ! Mais j’y pense vous devez être affamé ! »


Bon, comme vous le savez, je ne suis pas un grand marrant, et… je n’en ai pas l’air non plus, alors… je réprimais mon envie de lui répondre franchement…

Quoi ?
Bah j’avais bien envie de lui dire : Non merci, je viens de me faire plusieurs litres de sang là, ça ira.
Oui, le genre blague glauque…
Mais ça l’aurait sûrement effrayée alors… mieux valait en rester là.
A moins que je veuille passer pour plus bête que je n’étais… ou plus fou, au choix.
Elle ne me laissa pas vraiment le temps de lui répondre, que déjà, elle semblait prête à partir…



« - Attendez-moi ! Je reviens tout de suite ! »


La jeune fille fila comme une furie hors de la tente sans que j’ai eu le temps de dire ouf !
Elle y allait franchement elle…
Cette fille était pas du genre à traîner, mais plutôt ces personnes hyperactives, qui s’arrêtent jamais… de vraies boules d’énergie…
Voilà ce qu’elle était !
Une boule d’énergie !
Pas une boule d’énergie flottant comme ça dans l’air, mais une boule, pleine d’énergie, qui s’arrêtait jamais…

J’en étais là dans ma réflexion, incapable de la sortir de mon esprit, tant elle y était omniprésente, et… de toute façon, son retour… tant attendu… ne tarda pas, car quelques secondes à peine plus tard, elle surgissait tel un tigre en furie dans la large tente, quelques onigiris à la main.

Elle me les tendit et…
Elle sortit alors un simple mot, mais… assez… décontenançant…
Si c’était
« mangez ! », alors ça faisait genre la maman poule qui voulait presque forcer son rejeton à manger, et… si c’était « manger ! », ça ressemblait plus à une façon de s’exprimer des hommes de cromagnon…
Vous imaginez bien hein, la belle jeune fille habillée d’une peau de bète, la bave aux lèvres, l’air ahuri en disant « manger ! »…
Ah non… ?
Moi, je m’imaginais volontiers la peau de bète, mais… pour la bave là… non, pas vraiment !

Elle me tira hors de ma rêverie lorsqu’elle s’exprima à nouveau, plus douce…
Décidément, elle s’arrêtait jamais celle-là…



« - Vous vous sentirez mieux après ça, vous verrez ! Et quand vous aurez finis on s’occupera de vos bandages, d’accord ? »


Alors j’en déduis définitivement que vous êtes mon infirmière attitrée mademoiselle…

Tant mieux en vérité…
Les médecins étaient généralement de vieux bonhommes avec une barbe…
Moi j’avais la chance d’avoir une jolie fille… que j’appréciais assez en plus de ça…
Un peu sans réellement le vouloir d’ailleurs…

En tout cas, elle était très… attentionnée avec moi…
Ce que…
En fait, il n’y avait que Réha qui avait été comme ça avec moi avant cela…
Encore une ressemblance entre les deux…
Mais je n’y pensais pas…
La jeune inconnue avait pris le monopole de mon esprit, et je me laissais guider par le vent, si je puis dire, tentant de ne pas m’encombrer l’esprit de tout ça… pour le moment…

Je commençais donc à manger silencieusement, pour ne pas la vexer, baissant le regard parce que… je n’aimais pas vraiment qu’on me regarde manger…
C’était notre différence…
Moi je n’aimais pas qu’on me voie… même manger une miette de pain... Ça me gênait…
Mais le démon, lui, aimait qu’on le regarde boire le sang de personnes innocentes…
Disons qu’il y prenait encore plus de plaisir, et une excitation accrue… Un vrai monstre…

J’eus rapidement fini de me nourrir, et…
Je relevais mon visage en direction de la jeune fille, me passant lentement une main dans les cheveux pour les ébouriffer…
J’offris un visage serein à la demoiselle avant de plonger mon regard dans le sien…


« - Vous… les bandages, vous n’êtes pas obligée vous savez… » lâchais-je, d’une voix calme et posée.


Vous savez, j’avais l’impression que mon corps commençait à agir seul…
Pas comme lorsque le démon passait à l’action…
Non, juste…
C’était ces « papillons » que j’avais dans le ventre qui me… mettaient dans ce drôle d’état…

Ma main se déplaça, effleurant à peine sa jambe, avant de rejoindre sa main. De nouveau, ma paume se plaça sur la sienne.
Je me rapprochais légèrement d’elle, et plongeais totalement dans ses yeux…
C’était si doux… si bon…
C’était comme de voler… sauf que je n’avais jamais volé…
D’accord, laissez tomber.
Légèrement hésitant, et avec un minuscule sourire, je lâchais enfin…


« - Mais pour commencer… je… j’aimerais mettre un nom sur votre visage… moi… c’est… »


J’eus une légère hésitation au moment de lui dire mon nom, mais, je me décidais enfin, en offrant un sourire un tantinet plus… souriant…


« - … Shiryû… Shiryû Tatsumi. »
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Kureha Hyameta
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MessageSujet: Re: Entretien avec un vampire... [pv Kureha]   Mer 13 Fév - 21:18

Je patientais sagement, attendant qu’il se décide à manger.
En vérité je ne lui laissais pas vraiment le choix, je sais mais… que voulez-vous je ne pouvais me défaire de ce comportement qui me poussait régulièrement à dicter aux autre la meilleure façon pour eux d’agir…enfin, selon moi bien sûr…
Ce n’était pas une question d’autoritarisme ou de despotisme, ce genre de choses, non… c’était juste parce que je me souciais d’eux…
Alors je tentais de les aider… à ma manière… ce qui ne plaisait pas toujours…

En fait, je n’aimais pas particulièrement qu’on me tienne tête et peu s’y osaient désormais et… j’affectionnais que tout fonctionne comme je l’entendais…
Mais… tout le monde est comme ça, je présume… à un degré plus ou moins élevé, voilà tout…
J’avoue qu’il m’arrivait de ressembler à une vraie petite princesse obstinée parfois…
Il fallait toujours que ça coule…
Néanmoins, je savais plier sous la volonté des autres et ce que certains prenaient pour des ordres n’étaient que de simples conseils…
Question de tempérament sans doute…

Mais revenons-en à mon hôte, qui après un temps d’hésitation daigna prendre ce que je lui tendais et commença lentement à manger…
J’eu un sourire de satisfaction…
C’est bien ! Il fallait qu’il retrouve des forces de toute façon… et, hormis le sommeil, je ne connaissais rien de plus efficace que ma cuisine…

… Bon d’accord ce n’était pas à proprement parler ma cuisine…
Et heureusement pour lui : il resterait en vie, au moins !
Là c’était plutôt à Hana qu’il devait son repas à vrai dire…
L’idée n’était pas très plaisante mais ma nourriture l’était encore moins…
Oui, j’avais de grande lacunes en ce domaine… et dans un soucis de conservation des estomacs de ma famille j’avais été exemptée de cette tâche…

Ma cousine était bien plus douée que moi !
Je vous assure !
C’était impressionnant, je lui reconnais ce talent !
Elle ne brûlait rien, ne cassait rien, ne renversait rien et ses plats étaient toujours une réussite…
Y a pas de justice dans ce monde…
Moi ça ne ressemblait à rien et c’était les trois quart du temps immangeable…
Kanate l’expliquait par mon manque de concentration et d’intérêt en la matière et au fond, même si je démentais ces affirmations avec véhémence, je pensais qu’il n’avait pas tout à fait tort…

Vous devriez me voir une louche à la main, c’est aussi cocasse que désespérant…
Rien à voir avec l’habilité de ma rivale…
Mais on ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas ? …
Moi, par exemple, je ne détenais pas ses capacités culinaires mais elle… elle était complètement incapable d’utiliser les techniques ninjas…
Et elle s’en fichait autant que moi je me moquais de devenir un charmant petit cordon bleu…

Bref, j’avais donc emprunté les Onigiris préparés, sans amour d’ailleurs, par Hana s’était époumoné, parce que soit disant je ne donnais jamais de coup de main et que ce n’était pas du tout équitable…
Qu’elle vienne s’occuper d’un mec endormis pendant quatre jours elle, et on verrait…
Heu… Dis comme ça, ça fait plutôt limite je trouve…
Non mais vraiment, oubliez ce que je viens de dire, vous serez gentils…

Et puis, j’étais pas fainéante… j’aimais pas les tâches ménagères voilà tout…
Mais bon je ne glandaie pas toute la journée non plus…
Même que je refaisais mon lit chaque matin !
Comment ça c’est pas un bon exemple ?! …
Bon ben alors je… je m’occupais pas mal des animaux du clan et…
Bref ! Ça suffit comme ça hein…
Vous me ferait la liste de mes défauts plus tard, voulez-vous !

Donc le blessé commença à picorer…
Pourquoi picorer ? ... Parce qu’il ne semblait pas avoir réellement faim, bizarrement…
J’peux vous dire que moi je me serais jeté dessus avec une avidité effrayante !
Quatre jours sans rien avaler ! L’enfer, quoi !
Non j’étais pas gourmande…
Pas vorace non plus, oh !
Le premier qui dit glouton, je le tape, je vous préviens ! …
Bon c’est bon j’ai compris, je suis une goinfre violente, ça vous va ?!
On pourrait peut-être reprendre maintenant…

Oui alors… Il me parut un peu gêné et je trouvai ça mignon…
Vous savez comme un petit garçon qui se sentirait intimidé d’être ainsi observé pendant son repas…
Il baissait la tête, embarrassé…

Ce qui vint confirmer mes soupçons premiers :
Visiblement ce n’était pas un de ces exhibitionnistes qui se pavanait et à aspirait à l’attention et aux regards de tous…
Non, il paraissait plutôt du genre discret, le type qui se planque dans un coin pour échapper au bain de foule…
Peut-être quelqu’un de solitaire, voir de renfermé…
Ce qui ne m’aurait pas surprise outre mesure en vue des circonstances de notre rencontre et de ce qui en avait découlé…

Attendez, un homme qui se promène seul en plein milieu de la nuit, dans les profondeurs d’une forêt et qui donne l’impression de vouloir se jeter sur moi sans raison apparente, juste parce que je l’informe qu’il se trompe et me confond avec une autre fille… on l’imagine pas super fêtard, en train de boire des verres en compagnie de bons vieux amis…
Non, on le verrait mieux vivre dans une grotte lugubre, en ermite, à ressasser des pensées malsaines et tout le tralala quoi…

Mais je m’éloigne du sujet, encore une fois…
Je dévisageais donc ce grand timide avec un amusement quasi-imperceptible…
Il n’était pas si mal à l’aise en ma présence d’ordinai…
Heu… je veux dire… la dernière fois ?
Mes pensées ne collaient pas trop, effectivement, à la situation actuelle…
Mais je ne relevai plus cette bizarrerie, commençant à y être habitué, ce phénomène étrange réapparaissant chaque fois qu’il était question de cet individu…

J’aurais sans doute du me poser plus de questions mais je crois qu’une partie de moi ne voulais pas savoir, redouter la connaissance la sachant trop dangereuse… pour l’instant…
J’avais peur de découvrir l’origine de ce trouble qui m’agitait, je l’avoue…
Mais qui aurait vécu les choses différemment ?

L’inconnu finit d’avaler sa première boulette de riz, en silence… puis s’arrêta malheureusement en si bon chemin…
Soit la confusion lui coupait littéralement l’appétit soit celui si s’apparentait à celui d’un moineau…
Finalement mon verbe picorer de tout à l’heure prenait tout son sens !

Il resta ainsi, immobile, le regard lointain pendant une seconde, peut-être deux, avant de reposer les yeux sur moi…
De nouveau, je tressaillis…
Ces prunelles étaient véritablement insoutenables ! Terriblement insoutenables même…
Ce n’était pas humain !
Mais honnêtement, j’aimais ça…

Bon j’étais déstabilisée et tout ça, et dans ce sens ce n’était pas agréable mais c’était si profond, si pénétrant si bouleversant si… expressif à travers de cette inexpression…
Quoi vous ne comprenez pas ?
Je veux dire que… c’était à travers son impassibilité qu’on devinait son ressentit…
Oui, c’est inexplicable, je le sais bien mais vous savez c’était comme si… je le connaissais par cœur… tellement bien que je lisais en lui ce qu’il masquait… comme si son âme n’avait pas de secret pour moi quand paradoxalement il restait un mystère complet…
C’était comme ça malgré moi, sachez-le mais… évidemment, je ne pouvais pas contrôler mes impressions…

Aussi, à cet instant, et comme si je le connaissais depuis toujours, j’étais convaincue qu’il était… vaguement perdu mais… touché aussi… peut-être même reconnaissant…
Je me secouai néanmoins pour chasser tout cela et ne plus songer qu'aux faits…
Et les faits, il n’y en avait pas beaucoup et très peu en sa faveur…

Pour l’heure, après avoir remit ses cheveux en place… ou en désordre pour être précise, c’est avec une expression paisible qu’il plongea ses iris dans les miens… avant de lancer sur un ton tranquille :


« - Vous… les bandages, vous n’êtes pas obligée vous savez… »


Oui, merci j’en suis consciente !
Le premier qui espérait me contraindre à quelque chose à son service aurait vite déchanté d’ailleurs !
Non mais à vrai dire je le faisais de bon cœur…
Je voulais l’aider, voilà tout et puis quand on fait une chose on le fait bien et jusqu’au bout !
Le soigner c’était l’une de ces choses… et mon perfectionnisme voulait que je prenne soin de lui jusqu’à son rétablissement complet… rétablissement dont je jugerais par moi-même bien entendu…
Et puis, je pouvais laisser sa plaie s’infecter aussi, non mais !
C’était une question d’hygiène !
Même si je devais le maintenir au sol pour ça, je comptais bien nettoyer tout ça…

Mais soudain alors que j’en étais là, visualisant déjà la scène un brin hilarante, je sentis un léger contact au niveau de ma cuisse que ma jupe ne couvrait probablement pas assez pour que ce geste ne m’arrache pas un frisson…
Sa main ne s’y attarda pas cependant allant délicatement rejoindre la mienne…
Nouveau frisson…

Puis il se rapprocha discrètement de moi, intensifiant chacune de mes émotions de par ce simple échange visuel… qui me donnait l’impression que son esprit s’engouffrait en moi pour rejoindre le mien…
Etrange sensation que celle-ci…

Après une courte hésitation, il m’offrit de nouveau ce sourire si particulier, si imperceptible que l’on se demandait si on l’avait réellement vu ou non, et qui ne ressemblait pas vraiment aux sourires que l’on voyait d’habitude mais qui me bouleversait bien plus que tous ceux que j’avais vu jusqu’alors…


« - Mais pour commencer… je… j’aimerais mettre un nom sur votre visage… moi… c’est… »


Alors là, j’étais toute ouïe…
Qui était-il alors ?
En fait, nous aurions du commencer par là, mais dans ma précipitation, dans mon angoisse de le voir souffrir d’un maux quelconque, j’en avais oublié la base de la politesse : se présenter…
Oupss…
Je n’étais pas vraiment tête en l’air mais… ou peut-être que si en fait…
Mais avec cette série d’événements déroutant, j’en avais omis l’essentiel alors que cette interrogation me brûlait le cœur autant que les lèvres ces trois derniers jours…
Il me chamboulait, c’est le cas de le dire !

Mais il s’interrompit comme ça…
Le suspens était à son comble et je le trouvais carrément insoutenable !
C’était un supplice là !
Qu’allait-il me dire ?

« moi c’est… ton père, Luke ! » ? Non très peu probable !
« moi c’est… moi et toi, tais-toi ! » ? Non j’en doutais…
« moi c’est… Shiryû Tatsumi » ? … Nani ?!


« - … Shiryû… Shiryû Tatsumi. »


Kowaï !!!
Je… j’avais des talents divinatoire ou quoi ?!
Je l’avais… deviné… quelques secondes avant qu’il parle je… je savais…
Comme une évidence, une information connue depuis toujours mais simplement refoulée…

Toutefois, l’entendre dire ne fut pas moins choquant pour autant…
Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, je laissais, dans ma stupeur, tomber le tissu dans lequel j’avais soigneusement enveloppés les derniers onigiris qui s’éparpillèrent sur le sol…

Une boule d’émotions vint aussitôt me serrer douloureusement la gorge, me coupant brièvement le souffle…
J’avais mal sans comprendre pourquoi…
Ce nom était… si douloureux… et il résonnait en moi comme un lancinant écho…
Shiryû… Shiryû…

Mes yeux trop pleins d’une émotion contenue se mirent à briller étrangement, sous l’effet de ces larmes que j’honnissais et que je tentais difficilement de refouler…
Pleurer ? Pourquoi ?
Et surtout… sur quoi ?
Qu’est-ce qui me rendait si triste brusquement ?
Ça… ne me ressemblait pas…
C’en était effrayant…

Mais je devais me reprendre avant qu’il ne remarque à quel point sa révélation m’avait secoué, pour qu’il ne puisse réaliser son impact sur ma personne, impact injustifié pourtant…
Ça non plus… Ça non plus, ça n’avait pas de sens…

Aussi, mon regard se posa, trop vivement peut-être, sur le riz lamentablement tombé avant de pousser un petit rire nerveux…
Je devais me ressaisir, c’était urgent !
Cet homme, ce prénom… ils m’étaient étranger alors pas de quoi se mettre dans un tel état…
Strictement rien ! Ça n’aurait dû strictement rien m’évoquer !


« Gomena’... » Soufflais-je de façon quasiment inaudible pour l’oreille humaine, sans trop savoir pourquoi…


Je me sentais désolée…
De ma réaction ?
Oui peut-être mais… ce n’était pas tout…
Mes sentiments cachaient quelques choses de… différent… de… d’important… mais quoi ?
Ce n’était pas gérable ce qui m’arrivait !
J’avais l’impression de n’être plus moi à ce moment précis…
Même ma voix m'avait paru sensiblement différente...

Me secouant mentalement, je trouvais comme prétexte ma maladresse, reprenant donc d’une voix distincte :


« - Gomena’ ! Ce que je peux être maladroite parfois ! »


Je le gratifiai alors d’un sourire penaud, avant de, d’un mouvement assez inhabituel du poignet, faire en sorte que ses doigts au-dessus des miens se retrouve contre ma paume dans ce que l’on appelle couramment une poignet de main.
Geste banal dans une présentation qui ne l’était pas, j’en avais le pressentiment…


« - Je m’appelle Kureha Hyameta ! Ravie de vous rencontrer ! » Fis-je d’un ton enjoué, un sourire radieux adoucissant mon visage redevenu lumineux et pétillant.
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Shiryû Tatsumi
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MessageSujet: Re: Entretien avec un vampire... [pv Kureha]   Jeu 14 Fév - 17:20

[ Cadeau de Saint-Valentin à ma Valentine ! I love you ]



Je venais de me dévoiler…
C’était un vrai bon point en sa faveur !
Il était si rare que je m’ouvre avec tant de facilités aux… inconnus… ?
Non…
Elle ne m’était pas inconnue…
C’était étrange…
Comme si je ne savais rien de sa vie, mais que… je savais parfaitement comment tournait sa tête… comment elle était… à l’intérieur…

Vous connaissez ce sentiment… ?
Je suis de ceux qui ne croient pas aux coups de foudre…
Le coup de foudre est, par définition, tomber amoureux de quelqu’un d’un coup, en le voyant…
Au final, c’est donc plus de l’attirance que de l’amour, parce que seul le physique a joué…

Mais ce en quoi je croyais… c’était que deux personnes, en très peu de contacts, juste en passant un peu de temps avec l’autre, sans tout connaître de leurs vies respectives, pouvaient tomber amoureuses l’une de l’autre…
Ça j’y croyais…
J’étais tombé amoureux de Réha de cette façon…
Nous avions commencé à discuter et… je l’avais ressenti… je l’aimais…

Et c’était un peu comme ça que ça fonctionnait…
Je veux dire avec la jolie jeune fille…
Je commençais à peine à échanger quelques mots avec elle… et pourtant, je la… ressentais déjà…
C’est peut-être impossible à comprendre pour vous, mais ça paraît très clair pour moi.
Je n’aimais pas son physique…

Enfin si je l’aimais, beaucoup même, il fallait avouer que la demoiselle avait des atouts physique non négligeables…
Mais je veux dire que ce n’était pas ça qui me faisant penser que mon sentiment s’apparentait à l’amour, parce que… ça venait là… rien qu’en la regardant dans les yeux… en entendant sa voix… pas en lorgnant sur ses cuisses… pour qui me prenez-vous ?!
Je suis un vampire, pas un monstre… en fait, j’ai rien dit… oubliez.

En tout cas, bien que je sois incapable de le définir avec précision… cette fille me touchait… profondément… à la manière de Réha autrefois…
La limite entre les deux semblait si mince…
Aussi mince que la taille des vêtements de la demoiselle…


Vous aimez vraiment pas ?
Bon, cette fois c’est bien fini…
L’humour, je laisse tomber…
Vous y comprenez rien…

Donc je disais, elle semblait très semblable à Réha… mais à la fois si différente…
C’était… troublant. Au plus haut point…
Comme si elles étaient la même personne, mais avec des vécus sensiblement différents…
Illogique, je perdais la tête moi…

Vous savez…
A certains moments, je soupçonnais qu’encore, mon esprit me joue des tours…
Je pensais avoir un monstre en moi et… je commençais à me poser la question, si le monstre en moi n’était pas… moi.
Est-ce que je ne l’avais pas créé de toute pièce pour me protéger de ma nature sombre… ?

Et bien, c’était la même chose là…
Je me demandais si je ne faisais pas exprès… si je ne me forçais pas à voir des ressemblances entre Réha et elle… juste parce que… parce que j’étais incapable de voir la vérité en face…
Réha était morte…
Et bien que j’en aie fait… plus ou moins mon deuil…
Il était si dur d’accepter que la personne que j’aime ait définitivement quitté ce monde…
Alors peut-être que là aussi, je me berçais d’illusions, tentant de reporter mon amour de Réha sur cette fille… de faire… ce que l’on appelle communément un transfert…

Pour être honnête, je n’en savais rien…
Est-ce que ce que je commençais à ressentir… je le ressentais pour cette fille… ?
Ou alors… est-ce que je le ressentais pour Réha… à travers elle… ?
Aimer quelqu’un pour sa ressemblance à quelqu’un, ou l’aimer pour ce qu’elle n’est pas…
Ce ne sont pas de bonnes choses…
C’est… horrible de faire ça…
Et… est-ce que je le faisais… ?
Je n’en avais pas la moindre idée…

Pour ce qui est de la scène dans la tente, j’avais dit mon nom à la charmante jeune fille…
Celle-ci en resta… bouche bée…
Elle était immobile… la bouche ouverte… le regard apparemment lointain…
Lorsque les onigiris lui tombèrent des mains, s’éparpillant sur le sol…

Nani ?!


Il y avait quelque chose de louche là…
Et… la bizarrerie arriva bientôt à son paroxysme quand ses yeux se mirent à briller… réellement… au bord des larmes…
C’était inconcevable, qu’est-ce qu’il se passait là ?!
Mettre ça sur cette histoire de dingue que je m’étais inventé et qui la liait à Réha… ?
En réalité je ne savais pas mais…
Dieu que ses yeux étaient durs à supporter…
Elle semblait sur le point de craquer… bien qu’elle tentait de le camoufler, et… ça me serrait le cœur…

Elle me touchait…
Elle me touchait beaucoup…
… trop… ?
Possible…

Elle détourna… « habilement »… les yeux, trouvant un intérêt très prononcé aux boulettes de riz soudain…
C’était d’un pathétique…
Mais c’était surtout incroyablement touchant…
Elle… Je me sentais tellement… bizarre…
Lorsqu’elle souffla à voix basse…



« Gomena’... »


Cette voix… !
Ce…
Tout à coup… plus rien autour de moi…
Le monde avait comme disparu…
Une scène me revint en tête…

J’étais dans ce… ce château…
Je me retrouvais en spectateur d’une scène que… que j’avais vécue… et que je connaissais trop bien…
Je tentais de sortir de cette remémoration, mais celle-ci semblait plus forte que moi…
J’allais devoir la suivre jusqu’au bout…

Réha entra dans la pièce…
Ma Réha… dans une longue robe de princesse… magnifique…
Et… j’étais assis là… fatigué…
Enfin…. Le « moi » de l’époque…
Je ne voulais pas revoir ça, je tentais de crier, de dire à Réha de s’enfuir, mais… aucun son ne sortait de ma bouche…

Et le spectacle commença…
Cet ancien moi commença à se nourrir du sang de la princesse…
Réha…
Mais… comme lorsque c’était moi… comme dans ce présent lointain… il ne put s’arrêter…
Il buvait et buvait… perdant toute raison…
Tuant le seul être qui lui ait accordé de l’importance… et offert son cœur…

Je regardais la scène… impuissant…
J’avais envie de hurler…
Une larme coula sur la joue de Réha…
Et… j’entendis sa voix… elle le prononça… avant de mourir…



« Gomena’... »



Et retour à la réalité…
Ce genre de remémorations… je m’en serais bien passé…
J’étais troublé… chamboulé…
Je faisais de mon mieux pour reprendre mes esprits mais…
Ce dont j’étais certain, c’est qu’il y avait bien un lien entre Réha et mon inconnue ici présente…
Parce que c’était la voix de Réha qui avait résonné là… je l’aurais parié…
C’était elle… enfin… je pense… je crois… j’espère…

La jolie demoiselle me tira toutefois de mes rêveries, en reprenant une bonne fois pour toutes ses esprits, et en rattrapant ce « gomena’ » qu’elle avait laissé en suspend…



« - Gomena’ ! Ce que je peux être maladroite parfois ! »


Maladroite… ?
Non, je pensais qu’il y avait quelque chose de caché là-dessous…
C’était… étrange comme situation…

Mais sa voix, à la fois adorable et gênée comme là, me faisait oublier le reste…
Et ça ce n’était pas rien…
Sa phrase me donnait même presque envie de sourire.
Presque j’ai dit…
Je l’observais, la fixant avec un regard doux, presque… protecteur…

Elle me sourit timidement…
Timide… elle ?!
Non mais… ce sourire donnait cette impression…
Elle fit alors glisser mes doigts de sorte à ce que l’on se serre la main…
Un frisson me parcourut…
Sa peau était si douce…
C’était… délectable devrais-je dire…

Mais encore une fois, certaines images de Réha me revinrent à l’esprit…
Réaction à ce contact ou pure invention de mon esprit sombre et torturé ?
Voilà tout le mystère de mon existence…
Encore et toujours, des interrogations stupides mais importantes… décisives même…
Alors que le frisson terminait de me secouer, elle prit de nouveau la parole…



« - Je m’appelle Kureha Hyameta ! Ravie de vous rencontrer ! »


Je notais ce détail, peut-être insignifiant, mais troublant, dans un coin de ma tête… je veux dire la ressemblance… Kureha… Réha…
Et… mon esprit se concentra encore sur elle…
Kureha… en tout cas, c’était très joli…
Hyameta… ça me rappelait vaguement quelque chose…

Ça me reviendrait certainement plus tard…

Elle avait retrouvé son ton enjoué, et sa mine pétillante…
C’était génial à voir !
Elle avait de quoi motiver les troupes elle…
Non, encore une fois, je ne parle pas de sa tenue, je parle de ce sourire éblouissant et… de sa nature de fonceuse…

Je repris ma main, bien que celle-ci semblait ne pas vouloir quitter celle de Kureha…
C’était d’ailleurs plus simple de penser « Kureha », plutôt que sans arrêt « la jolie jeune fille », mais ce n’est pas important…
Bon, elle s’était présentée, c’était maintenant à moi de parler…
Mais pour… pour dire quoi… ?

C’est alors que…
Ajoutant au mystère du moment… et de cette rencontre…
Ma main se dirigea lentement à sa nuque…
Le démon ?!
En tout cas je gardais un certain contrôle et sans que je sache vraiment pourquoi ou comment, mes doigts remontèrent avec grâce et sensualité le long de son cou jusqu’à atteindre ses lèvres…


« - Vous avez un sourire magnifique… » lâchais-je, mi rêveur, mi fasciné…



Nani ?!
Je… je devais me ressaisir moi !
Mes siècles d’errance sans contact féminin m’avaient cramé le cerveau ou quoi ?!

Je réfléchis donc une seconde à la façon de corriger les choses…
Changer de sujet…
C’est la meilleure solution !
Alors euh…
Comme quoi par exemple… ?
Je devais faire vite, pour ne pas la mettre dans l’embarras…
Je ne voulais pas la voir fuir…
Une idée me vint… bête mais… après tout c’était radical…


« - Alors euh… où… où sommes-nous ? »


Mais dans ma précipitation, et dans…
Dans cette cohue mentale que je… « m’infligeais »…
J’avais oublié que ma main n’avait pas bougé, et… que mes doigts caressaient lentement sa joue, s’amusant quelquefois, s’aventurant sur les lèvres de la demoiselle…
Mais qu’est-ce qu’il m’arrivait… ?
Malgré tout, je me retrouvais incapable de mettre un terme aux agissements de ma main, caressant toujours la douce peau de l’adolescente, alors que mon regard, un peu affolé, cherchait du réconfort dans celui de Kureha…
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